Une journée au château

Flixecourt – 31 mai

 

D’abord, une fable écologique pleine de tendresse, portée par deux petites fées des fleurs, et une joyeuse équipe de farfadets de jardin. On raconte une histoire, on l’incarne, on la vit avec une égale intensité, qu’on soit sur scène ou dans le public. Balayés les préjugés et autres détritus de plastique qui polluent les têtes et gâchent les plates-bandes. Il est temps de faire repousser avec amour et fierté des fleurs de joie colorées, et de montrer que le théâtre et la marionnette ne sont réservés à personne, ni pour ce qui est de les voir, ni de ce qui est pour les faire.

Ensuite, une maison qui se délite, comme se délitent le coeur et l’esprit d’une personne que l’on agresse. Tuile après tuile elle se démonte, morceau par morceau la personnalité s’envole, se confine ou se renferme. Une maison bien sous tout rapport violentée, saccagée, détruite. Et qu’on prend à partie parce qu’elle a surement dû laisser une fenêtre ouverte, ou oublié de fermer à clefs. C’est une réalité terrible: pourquoi trouve-t-on normal de s’en prendre à la victime ? Si c’est arrivé, c’est soit qu’on a fait en sorte que ça arrive, soit qu’on n’a pas fait tout ce qu’il fallait pour l’empêcher. Et une Fanchon qui nous rappelle qu’il ne suffit pas de s’indigner, qu’il faut que ce mode de rapports, ces constats déplacés, ces accusations infâmes cessent. « On doit pouvoir vivre libres, même en laissant la fenêtre ouverte ou en n’ayant pas de clefs. »

Et puis viennent les adolescents, qui surmontent leurs doutes pour présenter leur histoire, racontée du bout des doigts. Une histoire de guerre, de bombes qui tombent « pour de faux » dans le film mais qui sont inspirées de bombes « qui sont vraiment tombées ». Une histoire d’exil, d’exode, de voyage périlleux. Une histoire de survie, de courage, d’instincts. Une histoire qui se termine bien. Une histoire qui est celle de milliers de personnes réfugiées. Une histoire qu’on commente, qu’on questionne, et qui apporte des réponses.

Et enfin, une petite fille vient nous expliquer le contenu de ses lectures et de sa tête, pourquoi elle voudrait faire brûler le monde et pourquoi elle déteste ses parents. Au point qu’elle se sentirait sans doute moins seule au milieu des loups. « On est tous méchants, et innocents. » Le monde n’est pas une bichromie manichéenne et chaque comportement est induit par des causes qu’il nous appartient de chercher ou non. Tous les enfant naissent innocents, et si les comportements changent en grandissant c’est bien parce que cette innocence se confronte au monde et qu’elle en ressort abîmée. Clara joue avec le public comme avec les jouets qui jonchent le sol de sa chambre, intègre ses réactions et nous explique que la façon dont le monde fonctionne aujourd’hui, absurde et déprimant, ne peut pas donner de repères sains et structurants aux enfants, et qu’il les conduit à avoir le choix entre devenir stupides ou devenir malheureux, fous, voire morts. Traduction d’un sentiment partagé par de plus en plus de jeunes gens dans notre société: « chaque humain que je côtoie renforce mon besoin de solitude. » Un cri du coeur qui sonne terriblement vrai, et fait visiblement écho.

 

 

Atelier Pour une fois que tu es beau

Glisy – 31 mai

 

C’est fou ce qu’on peut faire avec un peu de papier kraft, une paire de ciseaux et un rouleau de scotch.. Quelques minutes de rires et d’enthousiasme, et voilà cinq marionnettes bunraku, auxquelles ont est impatient de donner la vie. Trois manipulateurs, un peu de coordination, on commence à se raconter une histoire, et.. Voilà la vie. D’un côté la douceur, la patience, la pédagogie de Pierre, de l’autre l’implication, la bonne volonté et le plaisir des participantes. Et ça donne un excellent moment, instructif et plein de joie !